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Non remplacement des fonctionnaires : de fausses économies

Le Monde, dans un article publié le 2 juillet sur son site internet, nous apprend que les économies annoncées par le gouvernement ne sont tout simplement pas crédibles :

Lorsque l'on se prend à douter de la possibilité d'éviter une aggravation du déficit des finances publiques, due au coût du "paquet" d'exonérations et de baisses d'impôts annoncé, l'argument du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite, promis par Nicolas Sarkozy, est immédiatement évoqué. Eric Woerth, ministre du budget, l'a précisé le 21 juin : de 30 000 à 40 000 fonctionnaires ne seront pas remplacés en 2008. L'économie qui en découlerait serait de 1,4 à 1,7 milliard d'euros, selon Bercy.

Mais il s'agit là d'une économie par rapport à ce qu'aurait été le budget si la totalité des effectifs avait été remplacée, et non par rapport à la dépense actuelle. Car le départ d'un fonctionnaire ne signifie pas que celui-ci n'émarge plus au budget de l'Etat qui, d'employeur, devient caisse de retraite.
[...]
Substituer des pensions [de retraite] à des salaires ne représentera donc pas une diminution des coûts aussi importante qu'il n'y paraît.
[...]
L'économie engendrée risque donc d'être au total fort minime. Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, l'estime à 500 millions d'euros par an. Lorsqu'elles auront produit leurs pleins effets, les mesures d'exonérations de charges et de baisses d'impôts coûteront annuellement 10 à 15 milliards d'euros au budget de l'Etat.

"Fonctionnaires : des économies en trompe-l'oeil" (Le Monde, 02/07/2007)

Conclusion, cela coûte beaucoup plus d'argent à l'Etat de faire des cadeaux aux riches que saquer les fonctionnaires en fait rentrer.

La promesse faite par Nicolas Sarkozy d'arriver à un équilibre budgétaire apparaît donc comme de plus en plus irréaliste. Mais ça, après tout, on s'en moque, c'est nos enfants qui auront à en payer les frais, et encore, s'ils ont la chance d'être aisés, Nicolas les protégera...

Parallèlement, le gouvernement a revu à la baisse son objectif de déficit. No comment...

Matignon a confirmé, mardi 3 juillet, que la réduction des déficits publics français pour 2008 était revue à la baisse, par rapport aux objectifs donnés à Bruxelles par le gouvernement précédent, dans le cadre du programme pluriannuel de stabilité des finances publiques.

Au lieu du 1,8 % annoncé, ils seront finalement stabilisés à 2,5 % du PIB comme en 2007. "C'est un léger décalage par rapport à ce qui a été transmis à Bruxelles", a admis Matignon, ajoutant qu'en ce qui concerne 2007, "on fera tout pour que cet objectif soit tenu".

"La réduction des déficits publics français revue à la baisse" (Le Monde, 04/07/2007)

 
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Commentaires
1.   j jacques  ›  vendredi 9 novembre 2007 à 18:42

Je ne suis pas d'accord avec vous sur votre conclusion: "Conclusion, cela coûte beaucoup plus d'argent à l'Etat de faire des cadeaux aux riches que saquer les fonctionnaires en fait rentrer"

Il ne s'agit pas de "saquer" des fonctionnaires mais de ne pas les remplacer. Ensuite "faire cadeau aux riches", est ce que vous appellez les "riches" les entreprises qui font de la croissance et qui emploient? Quand est ce qu'on va arreter avec la lutte des classes! La france subit de plein fouet la concurrence internationale, la croisssance francaise n'est tiree que par les entreprises privees.C'est donc les entreprises privees que nous devons privilegies car elles soutiennent la croissance et donc l'emploie en generale.

 
2.   Damien B  ›  samedi 10 novembre 2007 à 16:33

Ce que j'appelle faire des cadeaux aux riches, c'est le "paquets fiscal" qui n'est pas du tout une baisse de charge pour les entreprises mais une série de cadeaux aux foyers les plus riches. Cela va de la suppression des droits de successions (pour rappel, aux USA, c'est les milliardaires qui se sont le plus vigoureusement opposés à cette suppression car cela va à l'encontre de tous les principes de rétribution en fonction du travail fourni) en passant par le bouclier fiscal ainsi que pour les heures sup' qui de toute manière ne serviront pas

Il convient également de noté, que contrairement à la vision donnée par la presse économique et générale française, la France reste un pays très attractif pour les investisseurs étrangers : La France économiquement plus attractive que la Chine

A l'heure où l'Angleterre relance ses services publics (tant bien que mal) et ré augmente son nombre de fonctionnaire, il serait peut être tant de la vision manichéenne qui opposerait une économie de marché efficace et un service public puissant. Oui, le public ne peut se passer du privé. Oui, la France ne peut se passer du privé. Mais est-ce que cela veut dire que le privé et la France peut se passer du public ? J'ai comme un doute...

 
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